Plusieurs milliers de victimes de l’amiante ont manifesté à Paris

Mis à jour : 13 octobre 2013

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La Tour Montparnasse, où les seuils autorisés de poussière d’amiante sont dépassés. (Photo Philippe Wojazer. Reuters)

Plusieurs milliers de victimes de l’amiante, venues de toute la France, ont manifesté ce samedi à Paris, de la Tour Montparnasse «amiantée» jusqu’au Palais de justice, pour réclamer «la punition des responsables» et une meilleure «prévention» contre ce risque qui reste «actuel».

«Pour la justice contre l’oubli», «pour un procès pénal de l’amiante», proclamaient les banderoles des manifestants, qui répondaient à l’appel de l’Association nationale des victimes de l’amiante (Andeva). En tête de défilé, des proches de victimes, notamment des veuves, tenaient des portraits de personnes décédées à la suite de leur exposition à l’amiante. Certains manifestants étaient vêtus de noir et de blanc, le noir pour symboliser la justice, le blanc pour symboliser le désamiantage.

 

La manifestation vise à «montrer à l’opinion publique et aux responsables politiques que les victimes de l’amiante attendent toujours la tenue d’un procès pénal», a souligné l’Andeva. Selon Michel Parigot, l’un des responsables de l’association, «si la prévention a été défaillante, c’est parce qu’il n’y a pas eu de santions». D’après l’Andeva, «des dizaines de milliers de personnes ont été empoisonnées et chaque année 3 000 victimes décèdent de l’amiante en France». «Dix morts par jour, ni responsable ni coupable», dénonçait une pancarte.

 

«Passivité des autorités»

«Nous rappelons que cela fait 17 ans que nous avons déposé les première plaintes et qu’il n’y a toujours pas de procès pénal» contre les responsables, a déclaré à l’AFP François Desriaux, vice-président de l’association. Selon lui, «le risque amiante n’est pas de l’histoire ancienne, il est toujours d’actualité». C’est pourquoi «le cortège part de la Tour Montparnasse», où des dépassements répétés de seuils autorisés de poussière d’amiante ont été signalés. «Cela fait des années que la Tour Montparnasse aurait dû être désamiantée, mais, entre le contournement de la réglementation par les copropriétaires et le laxisme de la préfecture qui a fermé les yeux et accepté de repousser les échéances des travaux, on continue de jouer avec la vie des gens», accuse l’Andeva.

 

En août dernier, la préfecture de Paris avait brandi la menace d’évacuations de locaux de la Tour Montparnasse, qui abrite 5 000 salariés. «La mobilisation est le seul moyen d’infléchir la passivité des autorités», a lancé, au départ de la manifestation, une salariée d’Amundi, filiale du Crédit agricole, entreprise qui a évacué ses salariés de la Tour en juin dernier en raison du danger de l’amiante.

 

«Il faudrait faire un effort supplémentaire en matière de prévention, de respect de la réglementation» et également de «formation de ceux qui font des travaux de désamiantage» et qui parfois «ne savent pas qu’ils sont exposés», a souligné M. Desriaux. Ainsi un récent rapport de l’Institut national de recherche et de sécurité (Inrs) a révélé que les plombiers-chauffagistes sont plus exposés à l’amiante qu’ils ne le pensent. Les manifestants avaient décidé de s’allonger sur la chaussée à proximité de l’université de la Sorbonne pour dire «que 3 000 morts par an, ce n’est pas rien», a souligné M. Desriaux.

 

AFP