L’Etat de Genève déclare la guerre à l’amiante

Amiante GE

Un module d'information itinérant va communiquer auprès des professionnels de la construction. Image: Lucien Fortunati

L’Etat a lancé ce mardi une campagne de sensibilisation sur les dangers de l’amiante, des PCB et des peintures au plomb. Ces matériaux, largement utilisés pendant des décennies dans la construction, peuvent être toxiques s’ils ne sont pas traités de manière adéquate. On trouve encore de l’amiante, interdit en Suisse depuis 1991, dans 80% du parc immobilier genevois et des joints aux PCB (polychlorobiphényles) dans 70% des bâtiments en béton construits entre 1955 et 1975. De plus, la moitié des immeubles datant d’avant 2006 contiennent des peintures au plomb.

La présence de ces particules invisibles à l’œil nu ne pose pas de problème en temps normal. En revanche, elles sont libérées lors de travaux et peuvent pénétrer l’organisme, causant des cancers des années après chez ceux qui y ont été exposés. L’Etat veut donc intervenir auprès des entreprises de construction, en particulier auprès des plus petites d’entre elles où un déficit d’information a été constaté, ainsi que dans les centres de brico-loisirs, afin de réduire l’exposition à ces dangers lors de travaux de rénovation.

La campagne de sensibilisation va s’étaler sur trois ans. Elle se déploie en six langues (français, italien, espagnol, albanais, portugais, polonais) sur une brochure et un site internet (www.ge.ch/travaux-sans-danger). Mais surtout, un module d’information itinérant va aller auprès des professionnels les plus exposés à ces matériaux et auprès des bricoleurs amateurs pour leur expliquer comment se protéger et protéger l’environnement en cas de travaux. Bien qu’interdit depuis 22 ans, l’amiante fait encore 200 morts par an en Suisse. 

 

Parution: Tribune de Genève 29.10.2013