Le premier avertissement a plus de 2'000 ans. L'exploitation, elle, a continué jusqu'à la fin du XXe siècle.
L'OMS attribue encore plus de 200'000 décès annuels aux maladies liées à l'amiante.
Du « minerai miracle » au plus grand scandale industriel du XXe siècle. Un matériau dont les dangers étaient connus depuis l'Antiquité, mais dont l'exploitation a été délibérément poursuivie au mépris de la vie humaine. Voici les faits, documentés et vérifiables.
Le premier avertissement a plus de 2'000 ans. L'exploitation, elle, a continué jusqu'à la fin du XXe siècle.
L'OMS attribue encore plus de 200'000 décès annuels aux maladies liées à l'amiante.
L'amiante n'est pas un produit moderne. Des fibres ont été retrouvées dans des céramiques finlandaises datant de 4'500 ans avant notre ère. Les Grecs l'appelaient asbestos (« indestructible ») et les Romains tissaient des linceuls incombustibles pour les funérailles impériales.
Mais dès l'Antiquité, les effets mortels étaient observés. Pline l'Ancien, au Ier siècle, décrit la « maladie des poumons » chez les esclaves travaillant le minéral. Il recommande de ne pas les acheter. Le premier avertissement date de plus de 2'000 ans.
L'exploitation industrielle débute dans les années 1870, avec l'ouverture des mines de Thetford au Québec et dans l'Oural russe. L'amiante est alors célébré comme un « minerai miracle » : résistant au feu, isolant, flexible, et extraordinairement bon marché.
Des traces de fibres d'amiante sont retrouvées dans des poteries en Finlande. Le minéral est utilisé pour renforcer la céramique.
Source : Archives archéologiques
Dans son Histoire naturelle, Pline l'Ancien observe que les esclaves travaillant l'amiante développent une « maladie des poumons ». Il recommande de ne pas acheter ces esclaves. Le danger est connu depuis plus de 2 000 ans.
Source : Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre XXXVI
L'extraction industrielle débute au Québec (mine de Thetford) et dans l'Oural russe. L'amiante est présenté comme un « minerai miracle » : résistant au feu, isolant, bon marché.
Au XXe siècle, l'amiante envahit le secteur de la construction. Ses propriétés exceptionnelles — résistance au feu, isolation thermique et acoustique, solidité mécanique — en font un matériau omniprésent. En 1978, la production mondiale atteint son pic : 4,8 millions de tonnes extraites en une seule année.
En Suisse, l'amiante est utilisé massivement dans la construction des années 1950 aux années 1990. Les usines Eternit de Niederurnen (GL, fondée en 1904) et de Payerne (VD, fondée en 1957) produisent des milliers de tonnes de fibrociment. En 1980, la Suisse consomme 3,3 kg d'amiante par habitant — l'un des taux les plus élevés au monde.
Pendant près d'un siècle, les preuves scientifiques s'accumulent. Des médecins, des inspecteurs, des épidémiologistes tirent la sonnette d'alarme. L'industrie répond par le silence, la désinformation et le lobbying. Chaque étude est combattue, chaque rapport est enterré.
Lucy Deane, inspectrice des manufactures britanniques, publie le premier rapport officiel documentant les effets nocifs de la poussière d'amiante sur la santé des travailleurs.
Source : Annual Report of the Chief Inspector of Factories, 1898
L'usine Eternit est fondée à Niederurnen dans le canton de Glaris. Elle deviendra l'un des plus grands producteurs européens de fibrociment à base d'amiante. Des milliers de travailleurs y seront exposés pendant des décennies.
Le Dr Denis Auribault rapporte 50 décès parmi les travailleurs d'une usine de filature d'amiante à Condé-sur-Noireau (Calvados). Son rapport est ignoré par les autorités et l'industrie.
Source : Bulletin de l'Inspection du travail, 1906
Les médecins britanniques Edward Merewether et Charles Price publient une étude approfondie prouvant de manière irréfutable que l'inhalation de fibres d'amiante provoque une fibrose pulmonaire mortelle — l'asbestose. L'industrie choisit de minimiser ces résultats.
Source : Report on Effects of Asbestos Dust on the Lungs, HMSO, 1930
Sumner Simpson, président de Raybestos-Manhattan, écrit dans une correspondance interne : « Moins on parle d'amiante, mieux on se porte. » L'industrie finance des études biaisées et fait pression pour supprimer les publications scientifiques défavorables.
Source : Correspondance Sumner Simpson, archives judiciaires
Un mémo interne de Johns-Manville, plus grand producteur mondial d'amiante, révèle que l'entreprise diagnostiquait l'asbestose chez ses travailleurs mais ne les informait pas. Le Dr Kenneth Smith recommande explicitement de ne pas prévenir les malades.
Source : Mémo interne Johns-Manville, révélé lors des procès
L'épidémiologiste britannique Sir Richard Doll publie une étude démontrant que les travailleurs de l'amiante ont un risque de cancer du poumon dix fois supérieur à la population générale. Cette découverte est combattue pendant des années par les lobbies industriels.
Source : British Journal of Industrial Medicine, 1955
L'usine Eternit de Payerne ouvre ses portes dans le canton de Vaud. En l'espace de quelques décennies, 61 travailleurs sur 953 y décèderont de maladies liées à l'amiante. Aucun travailleur né après 1933 n'atteindra l'âge de la retraite.
Wagner, Sleggs et Marchand publient une étude démontrant le lien direct entre l'exposition à l'amiante et le mésothéliome pleural malin, un cancer incurable de la plèvre. Même de faibles expositions peuvent être fatales.
Source : British Journal of Industrial Medicine, 1960
La Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (SUVA) reconnaît officiellement le mésothéliome comme maladie professionnelle. La Suisse admet enfin que l'amiante tue ses travailleurs — mais n'interdit rien.
Les documents internes révélés lors des procès des années 1970-80 sont accablants. Les dirigeants de l'industrie de l'amiante connaissaient les dangers mortels de leur produit et ont délibérément choisi de les dissimuler — exactement comme l'industrie du tabac le fera des décennies plus tard.
« Qu'ils continuent de travailler jusqu'à ce qu'ils tombent morts. »
« Moins on parle d'amiante, mieux on se porte. »
« En ce qui concerne la politique de l'entreprise, nous préférons ne pas informer les travailleurs diagnostiqués avec l'asbestose de leur maladie. Tant qu'ils ne sont pas handicapés, ils ne sont pas indemnisés. Il ne sert à rien de les effrayer. »
Les stratégies sont identiques. Dans les deux cas, des industries ont délibérément sacrifié des vies humaines pour préserver leurs profits.
La Suisse a été l'une des plus grandes consommatrices d'amiante par habitant au monde. Les usines Eternit de Niederurnen (GL) et de Payerne (VD) ont produit des centaines de milliers de tonnes de fibrociment, exposant des milliers de travailleurs à des doses massives de fibres.
L'interdiction n'est intervenue qu'en 1989, et les stocks existants ont pu être vendus jusqu'en 1994. Aujourd'hui encore, les conséquences sanitaires se font sentir : la SUVA estime que jusqu'à 3'900 décès surviendront d'ici 2040 en raison des expositions passées.
« On était noyés dans l'amiante. La visibilité se réduisait à quelques mètres. On respirait cette poussière huit heures par jour, sans protection. »
« 61 décès sur 953 travailleurs. Aucun travailleur né après 1933 n'a atteint l'âge de la retraite. »
Stephan Schmidheiny, ancien patron d'Eternit, est inculpé en Italie pour les morts causées par les usines Eternit de Casale Monferrato et Cavagnolo. C'est le plus grand procès pénal lié à l'amiante de l'histoire.
Le tribunal de Turin condamne Stephan Schmidheiny à 12 ans de réclusion pour homicide volontaire. Le jugement cite 392 victimes mortelles. Une condamnation historique, mais que la défense conteste immédiatement.
En avril 2025, la cour d'appel de Turin réduit la peine de Stephan Schmidheiny de 12 à 9,5 ans de réclusion. À cette date, 72 pays dans le monde ont interdit l'amiante — mais plus de 120 l'utilisent encore.
Le Tribunal fédéral suprême italien (Cour de cassation) annule la condamnation de Schmidheiny pour vices de procédure. Les familles des victimes dénoncent un déni de justice. Le dossier pourrait être renvoyé devant une autre juridiction.
Décès annuels en Suisse
dont ~120 mésothéliomes
Projection d'ici 2040
décès estimés (SUVA)
Coût total SUVA
indemnisations versées
Il aura fallu un siècle de preuves, des centaines de milliers de morts et d'innombrables procès pour que les pays commencent à interdire l'amiante. Et en 2025, plus de 120 pays l'utilisent encore.
Plus de 120 pays n'ont toujours pas interdit l'amiante. La Russie reste le premier producteur mondial.
Derrière chaque chiffre, des travailleurs, des familles, des vies brisées. L'amiante tue encore aujourd'hui — et continuera de tuer pendant des décennies.
morts par an dans le monde (OMS)
200’000+
Décès annuels attribuables à l'amiante selon l'OMS (estimation basse)
29’619
Cas en 2021, doublés depuis 1990 (15’084). Le pic n'est pas encore atteint dans de nombreux pays.
70’000+
Décès annuels liés à l'amiante. 4 à 7 millions de travailleurs européens restent exposés.
150+
Décès annuels. Environ 120 nouveaux cas de mésothéliome diagnostiqués chaque année.
3’900
Nombre de décès estimés en Suisse d'ici 2040, dus aux expositions passées.
CHF 650 mio
Montant total des indemnisations versées par la SUVA pour les maladies liées à l'amiante.
L'amiante est interdit en Suisse depuis 1989, mais il est toujours présent dans nos bâtiments. Environ 75% des bâtiments construits avant 1990 contiennent potentiellement de l'amiante sous une forme ou une autre : dalles de sol, colles, joints, flocages, canalisations, revêtements de façade.
Tant que ces matériaux ne sont pas perturbés, le risque reste limité. Mais dès qu'on perce, casse, ponce ou démolit, les fibres microscopiques se libèrent dans l'air. Une seule fibre inhalée peut, des décennies plus tard, provoquer un mésothéliome — un cancer incurable.
En Suisse, un diagnostic amiante est obligatoire avant tout travail de rénovation ou de démolition (OLED, art. 16). Cependant, aucune loi n'impose de diagnostic avant la vente d'un bien immobilier. Un acheteur peut hériter d'un bâtiment contaminé sans le savoir.
Le délai de prescription pour les maladies professionnelles en Suisse est de 10 ans après la dernière exposition. Or, le mésothéliome a une période de latence de 30 à 50 ans. Résultat : de nombreuses victimes sont privées de tout recours juridique.
Il n'existe aucun registre national des bâtiments contenant de l'amiante en Suisse. Chaque propriétaire est responsable de faire diagnostiquer son bien, mais beaucoup l'ignorent ou repoussent l'intervention par méconnaissance ou par crainte des coûts.
Un diagnostic professionnel permet d'identifier la présence d'amiante et de planifier sa gestion en toute sécurité. Nos diagnostiqueurs formés SUVA interviennent dans toute la Suisse romande.
Demander un diagnostic →De l'Antiquité à 2026 : tous les événements clés de l'histoire de l'amiante.
Premiers usages et avertissements
Début de l'exploitation industrielle
Preuves médicales du lien cancer-amiante
Pic de production : 4,8 mio tonnes
Interdiction en Suisse
Interdiction dans l'UE
Interdiction US (EPA)
Des traces de fibres d'amiante sont retrouvées dans des poteries en Finlande. Le minéral est utilisé pour renforcer la céramique.
Source : Archives archéologiques
Dans son Histoire naturelle, Pline l'Ancien observe que les esclaves travaillant l'amiante développent une « maladie des poumons ». Il recommande de ne pas acheter ces esclaves. Le danger est connu depuis plus de 2 000 ans.
Source : Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre XXXVI
L'extraction industrielle débute au Québec (mine de Thetford) et dans l'Oural russe. L'amiante est présenté comme un « minerai miracle » : résistant au feu, isolant, bon marché.
Lucy Deane, inspectrice des manufactures britanniques, publie le premier rapport officiel documentant les effets nocifs de la poussière d'amiante sur la santé des travailleurs.
Source : Annual Report of the Chief Inspector of Factories, 1898
L'usine Eternit est fondée à Niederurnen dans le canton de Glaris. Elle deviendra l'un des plus grands producteurs européens de fibrociment à base d'amiante. Des milliers de travailleurs y seront exposés pendant des décennies.
Le Dr Denis Auribault rapporte 50 décès parmi les travailleurs d'une usine de filature d'amiante à Condé-sur-Noireau (Calvados). Son rapport est ignoré par les autorités et l'industrie.
Source : Bulletin de l'Inspection du travail, 1906
Les médecins britanniques Edward Merewether et Charles Price publient une étude approfondie prouvant de manière irréfutable que l'inhalation de fibres d'amiante provoque une fibrose pulmonaire mortelle — l'asbestose. L'industrie choisit de minimiser ces résultats.
Source : Report on Effects of Asbestos Dust on the Lungs, HMSO, 1930
Sumner Simpson, président de Raybestos-Manhattan, écrit dans une correspondance interne : « Moins on parle d'amiante, mieux on se porte. » L'industrie finance des études biaisées et fait pression pour supprimer les publications scientifiques défavorables.
Source : Correspondance Sumner Simpson, archives judiciaires
Un mémo interne de Johns-Manville, plus grand producteur mondial d'amiante, révèle que l'entreprise diagnostiquait l'asbestose chez ses travailleurs mais ne les informait pas. Le Dr Kenneth Smith recommande explicitement de ne pas prévenir les malades.
Source : Mémo interne Johns-Manville, révélé lors des procès
L'épidémiologiste britannique Sir Richard Doll publie une étude démontrant que les travailleurs de l'amiante ont un risque de cancer du poumon dix fois supérieur à la population générale. Cette découverte est combattue pendant des années par les lobbies industriels.
Source : British Journal of Industrial Medicine, 1955
L'usine Eternit de Payerne ouvre ses portes dans le canton de Vaud. En l'espace de quelques décennies, 61 travailleurs sur 953 y décèderont de maladies liées à l'amiante. Aucun travailleur né après 1933 n'atteindra l'âge de la retraite.
Wagner, Sleggs et Marchand publient une étude démontrant le lien direct entre l'exposition à l'amiante et le mésothéliome pleural malin, un cancer incurable de la plèvre. Même de faibles expositions peuvent être fatales.
Source : British Journal of Industrial Medicine, 1960
La Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (SUVA) reconnaît officiellement le mésothéliome comme maladie professionnelle. La Suisse admet enfin que l'amiante tue ses travailleurs — mais n'interdit rien.
Le Danemark devient le premier pays au monde à restreindre l'utilisation de l'amiante par voie réglementaire. Une mesure jugée « excessive » par l'industrie, qui continue de vendre librement dans le reste du monde.
La production mondiale d'amiante atteint son sommet : 4,8 millions de tonnes extraites en une seule année. Le minerai est omniprésent dans la construction : toitures, canalisations, joints, colles, dalles de sol, flocages.
La Suisse consomme 3,3 kg d'amiante par habitant, un des taux les plus élevés au monde. Des centaines de milliers de bâtiments construits entre 1950 et 1990 contiennent de l'amiante sous diverses formes.
L'Islande devient le premier pays au monde à interdire totalement l'amiante sous toutes ses formes. D'autres pays nordiques suivront rapidement.
La Suisse interdit l'utilisation de l'amiante. Cependant, la vente de stocks existants reste autorisée jusqu'en 1994. L'interdiction arrive après des décennies de lobbying industriel et des milliers de morts évitables.
L'amiante est enfin interdit dans l'ensemble de l'Union européenne. Certains pays membres avaient déjà légiféré individuellement, mais l'interdiction globale met plus de 20 ans à aboutir.
Stephan Schmidheiny, ancien patron d'Eternit, est inculpé en Italie pour les morts causées par les usines Eternit de Casale Monferrato et Cavagnolo. C'est le plus grand procès pénal lié à l'amiante de l'histoire.
Le tribunal de Turin condamne Stephan Schmidheiny à 12 ans de réclusion pour homicide volontaire. Le jugement cite 392 victimes mortelles. Une condamnation historique, mais que la défense conteste immédiatement.
Source : Tribunal de Turin, 2023
L'EPA (Environmental Protection Agency) interdit l'amiante chrysotile aux États-Unis, la dernière forme encore autorisée. Il aura fallu 35 ans — la première tentative d'interdiction datait de 1989 et avait été annulée par la justice sous pression de l'industrie.
Source : EPA Final Rule, mars 2024
En avril 2025, la cour d'appel de Turin réduit la peine de Stephan Schmidheiny de 12 à 9,5 ans de réclusion. À cette date, 72 pays dans le monde ont interdit l'amiante — mais plus de 120 l'utilisent encore.
Le Tribunal fédéral suprême italien (Cour de cassation) annule la condamnation de Schmidheiny pour vices de procédure. Les familles des victimes dénoncent un déni de justice. Le dossier pourrait être renvoyé devant une autre juridiction.
Cette page est basée sur des sources vérifiables et reconnues. Les faits présentés sont documentés dans la littérature scientifique, les archives judiciaires et les rapports d'institutions officielles.
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